Temps de campagne, tant

Publié le par F-EDITIONSNAIRE

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  Temps de campagne,


   Tant d’homophobie ?!


                                                  L’immigré, et si on en parlait ?!

 

 

Dieudonné L. Naire,
Sociologue-chercheur indépendant,
Poète, romancier et essayiste.
editionaire@yahoo.fr
http://f-edtionsnaire.over-blog.com/


     Parmi les figures qui traversent horizontalement les discours politiques en ces temps de campagne présidentielle, celle de l’immigré est, de loin, l’une de celle qui continue de cristalliser et animer les échanges intéressés que se partagent les candidats, chacun à sa façon bien sûr.
    Immigration incontrôlée, cause on ne peu plus majeure des malheurs de la France ; Immigration choisie et non subie clame-t-on ! Autant de ces bonnes intentions discriminatoires que seul l’enfer en a le secret. Ainsi autour de ces positions majeures s’énoncent, sans discernement et avec des subtilités et excès oratoires divers, les principaux discours et prises de position observés actuellement dans notre pays. Plus inquiétant, l’on a comme fini par en prendre l’habitude depuis François Mitterrand de faire de cette question l’une des pierres angulaires des programmes politiques et cela, sans égard pour le français encore demeuré humaniste.
      Chacun ayant ses chiffres et filières de recueil d’informations, puisque l’INSSEE en charge de l’établissement des données chiffrées et incontestables semble se terrée dans sa légendaire et hypocrite « réserve », chacun peut ainsi les faire varier à sa guise sous le regard offusqué mais silencieux de l’immigré établi là depuis plusieurs générations. L’Amour pour la France serait elle une caractéristique attachée à la seule nature du français de souche et d’adoption ?
Balancé entre le sentiment coupable d’avoir commis un « crime » en venant s’établir dans ce pays en causant la perte d’emplois pour les français d’origines, ces fameux BBR (1) , dit-on sans preuves ; et, « la peur » qu’un tel amalgame pourrait ouvrir la porte à toutes les exclusions et xénophobies, l’immigré intégré ou non, disposant de documents administratifs en règle ou le clandestin, ce sans papier et sans identité, sont tous soudainement pointés du doigt sans jamais qu’on ne les interroge !
    Quelle République hautement démocratique et humaniste qui entretien pudiquement la discrimination ?! De plus si, par exemple la politique étrangère de la France venait à s’inviter aux débats, ce n’est que par le détour de l’immigration où celle-ci est traitée en termes de co-développement comme solution pour contenir ces flux migratoires.  Pays émetteurs d’immigration et immigrés sont ainsi constitués comme les coupables de la situation économique de la France ! Le volume des transferts d’argent des immigrés à leurs pays sont sournoisement pointés des doigts comme entre autre preuve de cette culpabilité…Ici l’imagination politique se laisse tentée par toutes les ignominies.
    Otages et boucs émissaires à la fois d’un débat de politique intérieure qui, sans exclusive, a changé la figure positive des immigrés en un épouvantail pour mieux masqué nos propres peurs et nos stratégies de conquêtes électorales et l’exploitation éhontée des pays de notre fameux pré-carré français, nos immigrés sont désormais incontournables dans le débat politique intérieure, la voix silencieuse de notre fausse conscience historique.
    Problématiquement démocratique à l’intérieure de ses frontières, la politique étrangère de la France exporte et réimporte ainsi, à l’occasion, ses impunités commises à l’étranger !
    Comment rassurer devant de telles légèretés et contradictions républicaines nos millions de visiteurs qui font la renommée mondiale de notre pays si cycliquement nous osons nous répandre en nationalistes « exclueurs » des autres ? Cela me fait me rappeler ce récent « accrochage » si humiliant qui affirmait que toutes les civilisations ne sont pas égales ou encore cette autre analyse clamée à Dakar qui excluait l’Afrique de l’histoire ! Ah ! Quelles misères pour le job politique ?! Allez savoir, tous sommes immigrés de quelques parts, j’en suis sûr.
    Curieux que le candidat président n’ai pas saisi l’occasion pour proposer cette question au référendum qu’il apprécie désormais et dont on sait qu’il partage avec l’extrême droite la jouissance électorale du traitement de celle-ci.
    A qui en appeler par ces temps brouillés, temps de campagne dominée par tant d’homophobie ?!

                                                   Vaison La Romaine, le 19 février 2012

 

 

(&): Bleu, Blanc, Rouge

 

 

 

 

 

 

 

 

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