Et si on en parlait: les droits du citoyen-électeur.

Publié le par F-EDITIONSNAIRE

 

  Et si on en parlait : les droits du citoyen-électeur ?!


    D.L. NAIRE,
Sociologue indépendant, Poète et romancier

editionaire@yahoo.fr



     Les rites de renouvellement et ou reconduite du personnel politique en régime démocratique nous ont habitué à la mise en scène publique des devoirs du citoyen-électeur à trancher entre les différentes offres des candidats proclamés pour représenter et porter les aspirations légitimes du peuple-arbitre.


         Au brouhaha des joutes oratoires échangés parfois sans ménagements courtois entre les différents candidats, la « présence-absence » du votant dans cet espace de paroles démocratiques laisse perplexe quant aux prétentions de la Démocratie à assurer la pleine promotion des droits et attentes républicains du citoyen-électeur.


      Ce dernier assiste comme impuissant à ce spectacle d’échanges politiques hautement populistes et démagogiques au sens idéologique, entre les différents prétendants et leurs appareils. Lorsque l’on sait que le nombre réel des militants « encartés » est, de très loin, significatif des effectifs globaux des votants attendus, on a du mal à s’imaginer comment, dans ces conditions, les citoyens peuvent-ils légitimement espérer voir représenter leurs droits et aspirations patriotiques ?!


         Tout se passe comme si le citoyen-électeur n’était pas assez lucide et responsable pour dire de go ce qu’il attend de droit d’une République passée célèbre pour ses promesses renouvelées mais jamais tenues ou pas assez, d’assurer le Bien-être intégral à tous !


     Les Droits du citoyen-électeur ne seraient alors qu’une étonnante fantasmagorie de l’Acteur politique proclamé par les siens. Oui ou non, la construction démocratique moderne, hors les droits réels du citoyen et sans volonté de proximité, pourrait n’être qu’un autre de ces leurres de l’histoire dont l’effectivité est de plus en plus laissée à la discrétion des seuls engagements de foi politiciens.


    Ainsi, la convocation générale des citoyens-électeurs au mois de Mai pourrait n’accoucher que d’une souris comme tant de fois passées.

 

Cet article a été proposé à la Revue de la Mairie de Vaison pour une publication au mois de Mars 2012.  

Publié dans ACTUALITE FRANçAISE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
Très beau texte dans lequel le sociologue éclipse quelque peu l'écrivain. L'électeur ne peut être une catégorie soluble dans un seul moule. La problématique de l'aliénation doit se mixer avec celle<br /> de la complexité du tissu social et celle de la réification de l'information. Pour juger de façon crédible, il faut et connaître les hommes et connaître l'Etat réel de la structure sociale tout<br /> entière. Or, les médias biaisent le jugement des électeurs composites qui ne se laissent aller qu'à deux concepts : promesse ou déception. Or, la promesse ne se contextualise plus localement mais<br /> internationalement.<br /> Voter est une opération mécanique ; il s'agit de se demander comment rendre le vote logique, presque "scientifique" ; cela ne se peut car celui qui entre au sommet de l'Etat ne connaît vraiment pas<br /> les forces qui vont l'asservir - ce qui rend ses promesses hypothétiques. Il faut passer du vote à la votation, à la consultation permanente qui dédouanerait le politique et donnerait plus de place<br /> au "demos" mais qu'à cela ne tienne, le référendum est rarissime - ce qui montre que l'aliénation va de paire avec la dépossession de la décision : il s'agit de savoir quel est le lieu qui détient<br /> vraiment le pouvoir : pouvoir de vie et de mort. L'électeur vit dans une sorte de rationalité de l'intérêt, son intérêt, et, dans ce choc des intérêts, rien n'est moins sûr que la vision qui<br /> triomphera fera du bien à tous. Posons-nous la question : la démocratie commence avec le vote. S'arrête-t-elle avec lui ? Si oui, l'électeur est un prétexte qui évite la guillotine au roi :<br /> "Choisissez votre maître et taisez-vous jusqu'au nouveau choix !" La réflexion est posée mais elle doit être approfondie car la "démocratie" semble se complaire à sa propre image comme si elle<br /> était parfaite et nous savons tous que ce n'est qu'une illusion, le pouvoir réel se trouvant dans la sphère économique qui elle n'est pas mue par des mécanismes horizontaux mais plutôt verticaux,<br /> asservissants...
Répondre
F
<br /> <br /> L'espace des relations qu'engendre le rapport politique me semble assez complexe particulièrement lorsque que l'on voudrait le penser hors contexte social et sans sa mise en regard avec l'autre<br /> acteur: le politique. Je reste heureux pour ton commentaire.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />